Projet COMOBIO
COmmunications MObiles et BIOlogie


Réseau National de Recherches en Télécommunications


Sous-projet 7 : Effets biologiques des micro-ondes GSM sur l'oreille

Yann CHALAN, Jean-Marie ARAN, Didier DULON
EMI 9927 INSERM « Biologie Cellulaire et Moléculaire de l'Audition »,
Université Victor Ségalen Bordeaux II, Hôpital Pellegrin, Bât. PQR, 33076 Bordeaux
 

Dans certaines conditions, l'oreille peut être particulièrement exposée aux champs électromagnétiques émis par les téléphones mobiles en cours de communication. On a donc entrepris une étude spécifique, chez l'animal, des effets de l'exposition aux champs EM de type GSM 900 MHz sur l'oreille et sur l'audition.

L'étude comporte deux aspects complémentaires : un aspect in vivo où les effets d'expositions chroniques de l'oreille aux ondes GSM sur l'audition sont évalués, et un aspect in vitro où on observe les effets d'une exposition des récepteurs sensoriels de l'oreille en culture.
 

In Vivo

Des cobayes répartis en différents groupes ont une oreille (la gauche) exposée 1 heure par jour, 5 jours par semaine, pendant 2 mois.

Le système d'exposition est réalisé avec une antenne boucle analysée dans le cadre du sous-projet 2. Elle reproduit, sur le petit animal, des conditions d'exposition similaires à celle de l'oreille humaine lors de l'utilisation du téléphone mobile (publication soumise).


 
 

A côté d'un groupe contrôle, trois groupes de 8 cobayes ont été exposés à des champs électromagnétiques de type GSM 900 MHz à des niveaux de SAR  de 1, 2 et 4 W/kg, pris comme valeur moyenne dans le cerveau.
 

Les ondes GSM sont fournies par un générateur RF et un répartiteur 8 voies qui distribue le signal aux 8 antennes.

Les tests auditifs sont effectués avant (T0), pendant (T1), à la fin des 2 mois d'exposition (T2) et 2 mois après (T4).

La fonction de l'oreille est évaluée par l'enregistrement des otoémissions acoustiques : il s'agit d'un signal acoustique émis par les cellules sensorielles de l'oreille, celles qui reçoivent en premier la vibration acoustique et qui ont pour fonction de l'amplifier et de la filtrer avant qu'elle ne soit transformée en signal nerveux sur le nerf auditif. C'est donc la toute première étape du phénomène auditif.

L'audition est évaluée par l'enregistrement des potentiels évoqués dans les voies auditives centrales, qui permettent de définir des seuils auditifs en fonction de la fréquence.

Après sacrifice des animaux, les histocochléogrammes (observation et comptage des cellules sensorielles de la cochlée) sont réalisés sous microscope optique.

Pour les oreilles droites (non-exposées) comme pour les oreilles gauches (exposées), ni les otoémissions acoustiques, ni les seuils des potentiels évoqués auditifs, n'ont été modifiés après les 2 mois d'exposition. Les histocochléogrammes étaient également normaux à la fin des expérimentations.

Etant donné le petit nombre d'animaux utilisés, une deuxième expérimentation, utilisant plus d'animaux, et le niveau d'exposition le plus fort (4 W/kg), est en cours.
 
 

Otoémissions acoustiques des oreilles droites et gauches des différents groupes à différents temps de l'expérimentation.
 
 
 

In vitro

On étudie les effets d'une exposition aux micro-ondes d'organes de Corti (organe contenant les cellules sensorielles de l'oreille) du rat en cours de développement. Les explants d'organes de Corti sont prélevés au 4ème jour postnatal sur des rats nouveau-nés. Ceci correspond à une période critique du développement du système auditif.

Dispositif d'exposition

Les explants d'organe de Corti sont placés dans une boite de Petri elle-même au centre d'une autre boîte de Petri de diamètre supérieur, avec le même niveau de liquide, afin d'uniformiser le niveau d'exposition dans la boîte contenant l'explant.


 

Les deux oreilles sont prélevées. L'une est exposée, l'autre ne l'est pas et sert de contrôle. Les évaluations se font en aveugle.  Pour chaque explant d'organe de Corti, qu'il soit exposé ou non, une micrographie représente l'état général de l'organe. Les photos de gauche montrent les organes de Corti de l'oreille témoin alors que les photos de droite sont les explants de l'autre oreille du même animal exposée 24 heures d'affilé à un niveau de SAR moyen de 1 Watt/kg.

           Organe de Corti  non-exposé                   Organe de Corti exposé

 
 

Conclusion

Après observation en aveugle de chaque explant, on ne note aucune différence quant au nombre de cellules entre les organes exposés et les organes témoins. De plus, sur le plan de l'organisation, tous les explants observés montrent un arrangement de leurs cellules réceptrices totalement normal.  Ainsi, il semble que l'exposition d'organes de Corti durant 24 heures d'affilée n'affecte pas la survie des cellules ciliées cochléaires.
 

Référence


Dosimetric study of a loop antenna for local exposure of rats at 900 MHz. Chaillou S, Lévêque P, Luc J, Dale
C, Brishoual M, Dulou PE, Veyret B, Wiart J. Soumis.
 

Les sous-projets



 

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